La pensée positive, oui mais….

« Ne dis pas ça ! Tu DOIS rester positive ! « 
 » Je me lève le matin, je me regarde dans la glace, et je me dis « Tout va bien se passer ! » « 
Ou encore  « Il faut aller de l’avant, à quoi ça sert de regarder en arrière ? « 

Nous avons toutes et tous entendu, ou prononcé, ces mots un jour ou l’autre. Si je m’insurge aujourd’hui contre ce que j’appelle la tyrannie de la pensée positive, ce n’est bien évidemment pas pour encourager les gens à se plaindre !

Actuellement, la pensée positive basique, tendance massive dans notre nouvelle culture productiviste, pousse tout un chacun à remiser ses émotions véritables. Si on utilise une analogie, suis-je la seule à utiliser un placard ou une pièce dont je garde la porte fermée pour planquer tout ce que je ne veux pas montrer à mes invités ? Une autre façon d’illustrer cette attitude est de vouloir utiliser du parfum ou du déo, avec comme objectif de camoufler la transpiration en fin de journée, quand on n’a ni le temps ni l’occasion de prendre une douche avant un rendez-vous.

Que se passe-t-il dans notre tête ?

Certaines zones du cerveau ont la même fonction. Cependant, elles sont bien plus vastes ! Est-ce qu’entasser ce qu’on ne souhaite pas voir est une solution à long terme ? Le déodorant peut-il vraiment remplacer le gel douche ? Si c’était le cas, on le saurait depuis longtemps.

Le problème avec nos émotions douloureuses non exprimées et non assumées, c’est qu’elles ont une tendance à devenir inconscientes. On image souvent la proportion entre conscience et inconscience par le fameux iceberg : 5 à 10% sont visibles et le reste est immergé. Pourtant, l’énergie dépensée par le corps pour maintenir toutes ces émotions sous contrôle est bien réelle.

Et comme dans une cocote-minute, la pression monte parfois très haut. Lorsqu’enfin elle s’échappe, parfois après de nombreuses années, elle prend des apparences diverses, qui échappent souvent à la première analyse. Par exemple, des colères explosives se manifestent, un mal-être, des phobies soudaines. Évidemment, j’en passe, et bien d’autres.

Les recherches scientifiques établissent tous les jours de nouveaux liens entre l’état psychique et l’état du corps et soupçonnent certaines maladies très graves d’avoir un lien important avec notre état de stress émotionnel. On parle ici des dépressions, mais aussi des maladies auto-immunes, des cancers,…

« Et pourtant, tout allait si bien dans ma vie ! »

Vraiment ?

Et si nous devenions capables de regarder nos ressentis en face ? Pourrait-on parvenir à les exprimer simplement, sans nous juger nous-mêmes ? Il est tout à fait possible de prendre la responsabilité de sa vie, d’être viscéralement une personne positive, qui croit que le meilleur est à venir, et parallèlement d’admettre qu’une situation nous touche plus qu’on ne le souhaite.

Alors, comment réagir ?

Le simple fait de prendre conscience de notre ressenti et d’être capable de l’observer suffit dans la plupart des cas à faire retomber une grande partie de stress généré par cette situation.

« Évidemment je sais que je vais aller mieux, que je vais guérir, malgré cela juste en ce moment, je me sens triste / frustrée / découragée / rejetée,….. Je le sens dans mon corps, car mon estomac est contracté / ma gorge nouée / mon souffle est saccadé…. »

Et la vie peut reprendre avec un vrai sourire !

Cessons de penser positif, soyons positivement authentique !

 

 

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